Le Télégramme

Le Garçon à la valise
L’exode comme un film d’aventures

Propos recueillis par Delphine Tanguy

En mettant en scène Le Garçon à la valise, Odile Grosset-Grange a voulu faire découvrir, une nouvelle fois, l’écriture intelligente et sensible de l’auteur britannique Mike Kenny, qui arrive à parler de l’exode avec émotion et humour.

Humour, émotion et suspense seront au rendez vous sur ce spectacle.

> La Compagnie de Louise est une toute jeune compagnie. Comment est-elle née ?
Je l’ai crée avec mon administratrice, il y a quatre ans, pour faire la mise en scène de Allez Ollie… à l’eau ! de Mike Kenny, un auteur avec qui j’ai déjà travaillé deux fois. Au départ, je voulais le monter avec la compagnie de Joël Jouanneau car je ne pensais pas faire de la mise en scène. Finalement j’ai trouvé que la mise en scène était vraiment ce qui manquait à ma vie et je n’a aucune envie de m’arrêter.

> Parlez-nous de vos collaborations avec l’auteur britannique Mike Kenny.
J’ai beaucoup travaillé avec le metteur en scène Marc Lainé, qui a d’ailleurs fait la décoration de ce spectacle. Il avait fiat un premier travail avec Mike Kenny sur La Nuit électrique, une pièce qu’il lui avait commandée et sur laquelle j’étais assistante à la mise en scène. L’auteur est venu pour des works-shops et on a vraiment pu le rencontrer. Marc Lainé a monté une deuxième pièce de Mike Kenny La Nuit, un rêve féroce où on jouait à partir d’improvisations, de pistes que nous donnait Mike Kenny.
Quand je me suis mise à la mise en scène je me suis tournée vers cet auteur que je connaissais bien et des textes inédits auxquels je pouvais avoir accès via sa traductrice. Mike Kenny a une écriture très intelligente et très sensible.

> Pourquoi avoir choisi ce texte Le Garçon à la valise de même auteur ?
Quand j’ai cherché un deuxième texte à mettre en scène, j’en ai lu une quarantaine mais je n’en ai pas trouvé qui me séduisait. Quand Mike Kenny m’a proposé ce texte, j’en avais lu un, la vieille, sur le même sujet de l’exode et je m’étais demandé comment on pouvait raconter des horreurs pareilles à des enfants. Mike Kenny arrive à y mettre de l’humour, de l’émotion, du suspense. On a l’impression d’être dans un film d’aventures où on va croiser des loups, des montagnes enneigées, des océans. Il y a une mise en parallèle de l’histoire de Sinbad le marin que son père lui raconte et ce que cet enfant, fuyant la guerre, va vivre. Dans cette pièce, il y a deux thèmes principaux : celui de la migration, l’auteur ne cite pas de lieu de départ ni d’époque ou de religion, et la question de ce qui peut nous sauver des situations que nous traversons. Ce sont les histoires et la culture. Mike Kenny dit que lui-même a été sauvé par la librairie publique de son quartier.